* 17 muscles accompagnent le fonctionnement normal de l’épaule pour toutes les activités du membre supérieur dans l’espace.
L’articulation gléno-humérale est soumise à un compromis délicat entre mobilité et stabilité, avec des contraintes biomécaniques qui reposent autant sur l’ensemble des structures ligamentaires et tendino-musculaires.
✅L’abduction du bras implique un équilibre subtil entre forces externes (poids du bras 5% du poids corporel, la gravité), forces musculaires (deltoïde vs coiffe des rotateurs), pression intra-articulaire et contraintes capsulo-ligamentaires.
Plus l’abduction augmente et plus les contraintes en pression sur l’articulation augmentent: moment de la force et bras de levier
Pour maintenir l’abduction et contrer la gravité, le deltoïde génère une force de 24kg ce qui entraine une pression articulaire réactionnelle importante.
• Des études estiment qu’à 90° d’abduction, cette force de réaction articulaire peut atteindre 9 à 10 fois le poids du bras, soit environ 40 kg de pression sur la glène.
• Plus l’abduction augmente, plus elle croit pouvant atteindre 100-150 kg.
• La coiffe des rotateurs (supra-épineux, infra-épineux, subscapulaire, petit rond) stabilise la tête humérale contre la glène.
• Elle évite une ascension excessive de l’humérus sous l’acromion, contrant dans le même temps l’action du deltoïde.
Mais selon l’abduction la pression change
• 0-30° : Le supra-épineux est dominant, pression modérée.
• 30-90° : Le deltoïde augmente son action, la pression articulaire grimpe.
• >90° : La pression atteint des valeurs maximales, surtout si la scapula ne suit pas le mouvement (dyskinésie scapulaire).
💡Dans ces conditions, en dehors d’une chute et d’un traumatisme direct, inéluctablement, avec une moyenne de 10 000 mouvements de l’épaule par jour, les conséquences en terme de souffrances articulaires et surtout tendineuses sont inévitables.
Nous utilisons constamment l’abduction du bras tout au long de notre vie, très rarement sans tenir un objet en pleine main: ce qui nécessairement accroît les contraintes.
Nos structures tendineuses ne restent pas impassibles face à toutes nos actions « automatiques » de l’épaule au cours du temps.
💡Souvenez vous bien de cette biomécanique subtile et bien équilibrée qu’il convient d’éduquer patiemment dès le plus jeune âge et de protéger constamment par un équilibre musculaire et postural approprié et protégé.
❗️Cela sera d’autant plus primordial après une chirurgie de réparation tendineuse (partie 2 à suivre)
– Remarque: de multiples autres facteurs non mécaniques augmentent le risque de lésion tendineuse: tabac, facteurs génétiques, métaboliques et biologiques, thérapeutiques…
