La mobilité de l’épaule nécessite la contraction et la synchronisation de plusieurs muscles. Le nerf supra scapulaire qui chemine au niveau de la scapula (omoplate) contrôle les muscles supra et infra épineux, essentiels pour le fonctionnement de l’épaule.
En fonction du site de compression du nerf, cela peut entrainer des douleurs, une faiblesse ou une paralysie d’un ou de deux muscles pour l’élévation du bras et la rotation externe. La compression peut se faire au niveau d’une petite « chicane » anatomique normale ou par un kyste communiquant avec l’articulation de l’épaule.
Une IRM et/ou un électromyogramme (examen électrique) seront nécessaires pour faire le diagnostic. Le traitement chirurgical de décompression nerveuse est parfois nécessaire, réalisé en mini invasif sous arthroscopie ou à ciel ouvert.
Prise en charge des compressions du nerf supra-scapulaire
Les atteintes du nerf supra-scapulaires sont bien connues désormais dans les causes de douleurs d’épaule.
Anatomie :
Le nerf supra-scapulaire est une branche du plexus brachial : des racines C5C6.
Il passe autour de la scapula (omoplate) par un premier tunnel (échancrure coracoïdienne) puis par un second au niveau de l’épine de la scapula.
Il existe deux sites de compression du nerf lors de son passage autour de la scapula: le premier site au niveau de l’échancrure coracoïdienne qui est le plus fréquent, le second site (des kystes spino-glénoidiens) se situe plus bas sous le pilier de la scapula.
Il participe à la sensibilité du moignon de l’épaule, de l’articulation acromio-claviculaire, de la BSAD, ligaments. Il innerve deux muscles importants de la coiffe des rotateurs :
le supra-épineux et l’infra-épineux.
Passage du nerf supra scapulaire au niveau de l’échancrure coracoïdienne (1) puis autour du pilier de la scapula (2).
Traumatismes du nerf dans :
Conséquences :
Typiquement, il s’agit de jeunes sportifs, sur l’épaule dominante, qui présentent une douleur profonde postérieure, associée à une faiblesse et une fonte musculaire du supra-épineux ou de l’infra-épineux ou les deux associés. Parfois la symptomatologie est frustre.
Diagnostic :
Le diagnostic doit être suspecté chez ces sportifs jeunes douloureux en arrière de l’épaule.
Un test spécifique des muscles est effectué afin de confirmer une faiblesse contre résistance, avec un examen clinique bilatéral et comparatif.
Un examen électromyographique (EMG) peut compléter
le bilan initial et afin de suivre la récupération nerveuse.
Une IRM est indispensable : elle recherchera une possible amyotrophie neurogène, mais également un kyste postérieur.
Traitement :
Un traitement médical, et une rééducation peuvent être proposés, mais la récupération sera imprévisible.
Le traitement chirurgical dépend de la cause de la compression : mais une libération du nerf ou neurolyse est effectuée. Dans 90% des cas la libération du nerf est faite au niveau du premier tunnel sur l’échancrure cocracoïdienne. Dans les cas de kystes postérieurs, l’excision du kyste suffit à libérer le nerf.
Cette chirurgie peut être réalisée par un abord direct, mais actuellement la technique arthroscopique par micro-incision, sous anesthésie locorégionale ou générale est préférée. L’arthroscopie permet une visualisation meilleure de toutes les structures, avec moins d’atteinte tissulaire et des suites plus simples. Sans immobilisation, la récupération sera très rapide. Seule la récupération de la force musculaire pourra prendre quelques mois en cas d’atteinte chronique et d’amyotrophie préopératoire avancée.
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